Le 3 avril 1987, la mesure du niveau de sodium dans la cuve principale du barillet met en évidence une perte estimée entre 15 et 20 m³, attestant l’existence d’une fuite réelle. Au-delà du seul aspect matériel de l’événement, cette séquence révèle la complexité des interactions entre instrumentation, exploitation, retour d’expérience et perception du risque par les opérateurs.
L’analyse détaillée de cet événement présente un intérêt qui dépasse largement le cadre historique de Superphénix. Elle éclaire des problématiques toujours actuelles : choix des matériaux, processus de fabrication, fiabilité des systèmes de détection et gestion des alarmes.
A partir des ouvrages et publications de Jean-Paul Crochon, ce document se propose de revenir de manière précise sur l’origine de cette fuite et les mécanismes techniques et métallurgiques impliqués.
Jean-Louis Regairaz


Dans le prototype de surrégénérateur à sodium SNR 300 situé à Kalkar (Allemagne) le 15D3 a été également utilisé. En 1985, le SNR 300 a connu des problèmes de fissuration avec cet acier sur le réservoir de stockage d’assemblages.
Une commission d’experts, conduite par NERSA (Henri Michoux), a alors été envoyée à la centrale de Kalkar. À l’époque, la cause de la fissuration a été attribuée aux électrodes de soudure utilisées.
Mais les études complémentaires en laboratoire n’ont pas apporté de preuves irréfutables sur l’origine de la fissuration. Une sensibilité de l’acier 15D3 à la fragilisation par l’hydrogène ne pouvait pas être exclue d’emblée à la centrale de Kalkar.
Comme je me suis orienté vers la filière PWR à partir de 1992, je n’ai pas poursuivi cette affaire.
Cordialement
Hartmut Lauer